La sopa e la nubes

La sopa e la nubes (La Soupe et les Nuages), par Charles Baudelaire
Traduida par Andrew Burns

Mea peti fol amada ia dona la come de sera a me, e tra la fenetra abrida de la sala de come, me ia contempla la arcitetas movente cual Dio crea con la vapores, la construidas merveliosa de la nonpalpable. E me ia dise a me mesma, tra mea contempla: “Tota esta fantasmagorias es cuasi tan bela como la oios de mea amada bela, la peti fol monstrin con oios verde.”

E subita me ia reseta un colpa violente de punio en la dorso, e me ia oia un vose raspante e encantante, un vose isterica e como gastada par brandi, la vose de mea cara amada peti, ci ia dise: “Esce tu va come tua sopa pronto, pixeta de mercator de nubes?”

Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais, à travers ma contemplation : « — Toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma belle bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts. »

Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j’entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l’eau-de-vie, la voix de ma chère petite bien-aimée, qui disait : « — Allez-vous bientôt manger votre soupe, s… b…1 de marchand de nuages ? »

1 s… b… : sacré bougre, es un insulta sinifiante “person despetable”.