La despera de la fem vea

La despera de la fem vea (Le Désespoir de la vieille), par Charles Baudelaire
Traduida par Andrew Burns

La peti fem vea e plietosa ia senti multe joiosa en vide la enfante bela ci cadun ia selebra, ci tota de mundo ia vole plase; esta esente bela, tan frajil como el, la peti fem vea, e, ance como el, sin dentes e sin capeles.

E el ia prosimi el per fa suries e espresas plasente a el.

Ma la enfante asustada ia luta su la caresas de la fem bon e gastada, e ia pleni la casa con sua abaietas.

Alora la bon fem vea ia retira se a en sua solitaria eterna, e el ia plora en un angulo, disente a se: — “A! per nos, vea femes nonfelis, la eda per plase ia pasa, an la inosentes; e nos es repulsante a la enfantes peti ci nos vole ama!”

La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.

Et elle s’approcha de lui, voulant lui faire des risettes et des mines agréables.

Mais l’enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite, et remplissait la maison de ses glapissements.

Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant : — « Ah ! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l’âge est passé de plaire, même aux innocents ; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer ! »