La confiteor de la artiste

La confiteor1 de la artiste (Le confiteor de l’artiste), par Charles Baudelaire
Traduida par Andrew Burns

La finis de dias autonal es tan penetrante! Ai! penetrante asta la dole! car on ave alga sensas deletosa cui neblosia no esclui intensia; e on ave no punto plu agu ca acel de la Infinita.

U ce un deleta grande es afonda sua regarda en la vastia de la sielo e la mar! Solitaria, silentia, castia noncomparable de la azul! Un vela peti tremante a la orizon, imitante par sua petia e isoli mea esiste nonremediable–la melodia monotono de la ondon: tota esta cosas pensa par me, o me pensa par los (car en la grandia de la fantasia, la ego perde se rapida!); los pensa, me dise, ma musical e depintin, sin pedantias, sin silojismes, sin deduis.

An tal, esta pensas, egal si los sorti de me o lansa se de la cosas, deveni pronto tro intensa. La enerjia en la plaser crea un descomforta e un sufri positiva. Mea nervos tro tensada produi no plu ca vibras xiliante e dolosa.

E aora la profondia de la sielo angusa me; sua claria irita me. La nonsensosia de la mar, la nonmutablia de la spetaculo, repulsa me… Ai! esce on debe sufri per sempre, o fuji per sempre de la belia? Natur, encantor sin compatia, competor sempre vinsente, lasa me! Sesa tenta mea desiras e mea orgulo! La studia de la belia es un duela do la artiste cria de teme ante sua defeta.

Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu’à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n’exclut pas l’intensité ; et il n’est pas de pointe plus acérée que celle de l’Infini.

Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l’azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui par sa petitesse et son isolement imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles (car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions.

Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.

1 un confiteor es un prea cristian, tipal catolica, cual comensa con “confiteor” cual sinifia “me confesa”