La dormor del vale

Le Dormeur du val, un poesia de Arthur Rimbaud (1870)
Traduida de franses par Michel Gaillard
Musicida par Magis Optis

Depinta: La Note (2023), par Guido Gaillard

Vide un tradui presedente, par Patrick Chevin, de acel poesia

Lo es un caveta verde do alga rio canta,
oncinte fol al erbas alga trapos arjento;
lo brilia su la sol del monte orgulosa:
lo es un valeta streta cual spuma con la raios

Un soldato joven, con sua boca abrida,
con sua testa nuda en la blu creson fresca
dormi asi; el reposa sur la erba, su la nubes,
pal en la leto verde e la pluve de lus

Con pedes en gladiolos, el dormi, suriente;
como un xice malada ta surie, el dormeta;
Natur, ta ce tu cuni e caldi el, ci fri!

La parfumes no fa ce un narina salteta;
el dormi en la sol, con sua mano al peto,
cuieta, con du bucos roja a la lado destra.

Le dormeur du val - Arthur Rimbaud (1870): C’est un trou de verdure où chante une rivière / Accrochant follement aux herbes des haillons / D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, / Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. / / Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, / Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, / Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, / Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. / / Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme / Sourirait un enfant malade, il fait un somme : / Nature, berce-le chaudement : il a froid. / / Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; / Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine / Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.