La strada vacua

La Rue déserte, par Yves Gaillard (1972)
Traduida de franses e rejistrada par Michel Gaillard & Magis Optis

Depinta La flor del deserto, par Yves Gaillard, 1972.

La regarda fria del petra dirije subita a tu
e, sur la table de lenio, la cartas resta sin vive
alora, de la fondo del note
oscur…
un cria ia surje tan brusca:
tu regarda me como si tu ta reconose
mea fas apena vidable a la lus de la strada vacua

A retro del cortina jala de pluve a note de inverno,
la spasio ja adormida dansa la flamas del sera
e tua regarda vaga a
via…
Tu ci viajante ia porta
la crus de compatia e la armas rojida de Votan1,
tu ia lasa cualce espera su la dito de misericordia

∴

Tua oios vacui subita e me parti con tu al oblida,
al ombras do la mar oscuri, su la ondas abaliada.
Me ia lasa tota cosa.
“Veni!”
La costa no es tan distante
— un misca de alges e nebla —,
e la erbas estende
e mori su la colpa del mar, do me vide un sol strana

La Rue déserte - Yves Gaillard (1972): Le regard si froid de la pierre s’est posé soudain sur toi / et sur la table de bois les cartes sont restées sans vie / quand du fond de la nuit / noire… / un cri tout à coup s’est dressé / et tu m’as regardé comme si tu m’avais reconnu… / dans mon visage fermé où la rue déserte s’efface / / Derrière le rideau jauni de la pluie d’une nuit de décembre / l’espace qui s’est endormi fait danser les flammes du soir / et ton regard se perd / loin… / Toi qui portas sur ton chemin / la croix de pitié et les armes rougies de Wotan, / tu as déposé tout espoir sous le doigt de miséricorde / / Tes yeux se font vides soudain et je pars avec toi vers l’oubli / d’une ombre où l’océan s’éteint sous les vagues aux reflets éblouis / je n’ai plus rien à moi / Viens! / Le rivage n’est plus loin de nos pas / et les algues se mêlent aux nuages / et les herbes s’étalent / et se meurent sous les coups de la mer / où je vois un étrange soleil…

1 Un otra nom per la dio Odin, dio de la mitolojia nordica.