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La Crus de Sude

Un sonia de Manouna Orti
Traduida de la lingua franses e composada
par Michel Gaillard, 1972

Esce vera me vaga? La nave ia pasa la parietes cristal, un sofito presada par la spesia mural. A ves nova, me move en la coredor oscur cual gida estra tempo: me ia trova tu ala e me ia segue, asta la sala misteriosa de permane do no cosa cambia.

Alora, nos ia para: al limina, me ia regarda tua brilia. Me ia toca tua mano, e lo lumina tota: nos ia retrova nos tan longa a ante… Me ia escuta tua parla: tu ia parla de un frate. Aora, me sabe tan de el ce on pote oblida ce nunca el ia esiste.

E me ia resta a tua lado sin dise ce me amira tu de tan longa: an me ia asende la templo de la Sabe per vide tua traversa de la campus, tan a via a su, e, de esta teraza tan vasta, me vide tu ci vade e ci fusa gradal en la vila en pas.

Al prosimi del sera, me ia vide tu ci ariva a borda del molo. Con un dama vea, tu ia pasea al porto, tu ia asende la scalera de un construida antica… O! tota es tan strana… En media de un jardin savajida, me descovre un casa ja abandonada de alga sentenios.

Cuando tota ia clari, ancora me sta en la site luminosa, en la blancia de un strada con un asende curvida: un patio interna do la musica rebondi multe mol contra la mures, multe calda en la lumina. Me senti aora tan prosima a tua vive… Me no vole plu move.

En la entra del construida, me fatiga en un marania de caxas de posta, xercante un nom reconosable entre totas. Sur la mures, la desinias, desinias de un xiceta, acel ci tu ia es: entre los, esta atrae major: on vide ala un madre ci teni la mano de sua du xicetas.

Lo comensa pluve sur ruinas, en media de un vila corodeda. No plu ruido veni aora de la sala del macinas. Sur la costa de mar, du sores pasea al tereno savaje arenida. La plaia oscuri su la pluve. Aora, la nave penetra sin emosia en la Crus de Sude.

La Croix du Sud - Michel Gaillard (1972): Me serais-je égaré? / Le navire a franchi la muraille de cristal. / Un plafond bas pressé par l’épaisseur des parois. / À nouveau, j’évolue dans la coursive obscure / qui mène hors du temps. / Je t’y ai trouvée, puis je t’ai suivie / vers la mystérieuse salle de permanence / où tout est immuable. / / Nous venons de nous arrêter. / Sur le seuil, je t’ai regardée briller. / J’ai touché ta main, et tout en moi s’éclaire : / nous nous sommes retrouvés bien longtemps avant, / je t’écoutais parler. / Tu me parlais d’un frère. / À présent je sais tout sur lui, pour oublier / qu’il n’a jamais existé. / / Et je suis resté à tes côtés / sans te dire que je t’avais longtemps guettée: / j’avais escaladé un temple du savoir / pour t’observer traverser la cour déserte, / très loin au-dessous de moi, / puis, de cette terrasse immense, / je t’ai vue t’éloigner et peu à peu te fondre / dans la ville sereine. / / Sur le rivage, je t’ai rencontrée. / Il me semblait que je ne me trouvais là que pour ça: / tous nos gestes prenaient une dimension nouvelle, / juste comme s’ils faisaient partie d’un rituel. / Tu me prenais la main que je tendais vers toi, / pour nous évanouir alors que je n’avais plus / qu’à me laisser conduire. / / À l’approche du soir, je t’ai vue arriver / par le bord du quai. / Avec une vieille femme, tu as longé le port, / tu as gravi l’escalier d’un immeuble vétuste… / Oh! tout est si étrange… / Au milieu d’un jardin en friche, / j’ai découvert une vieille demeure à l’abandon / depuis quelques millénaires. / / Et, quand tout s’éclaire, / je me retrouve au cœur de la cité lumineuse, / dans la blancheur d’une rue à la courbe ascendante: / une cour intérieure où la musique se heurte / mollement contre les murs, en une chaude lumière. / Je me sens maintenant si près de ta vie… / Je ne veux plus bouger. / / Dans l’entrée de l’immeuble, / je m’épuise en un marécage de boîtes aux lettres / à chercher un nom que je reconnaîtrai entre tous. / Sur les murs, les dessins d’une petite fille, / celle que tu as été: / l’un d’eux m’attire étrangement… / J’y vois une femme; elle tient par la main / ses deux petites filles. / / Il commence à pleuvoir. / Sur des ruines, au milieu d’une ville rouillée. / Plus aucun bruit venant de la salle des machines. / Sur la route du littoral, deux sœurs longent / le terrain vague ensablé. / La plage s’éteint sous la pluie. / Le navire maintenant pénètre sans émoi / dans la Croix du Sud.

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Lo ia es automatada jenerada de la paje corespondente en la Vici de Elefen a 30 junio 2024 (16:38 UTC).