La cajican

Lou Chapacan, un nara scriveda en franses e nisarda
par Serge Dotti (1952-2018),
estraeda de la colie Les Contes du vieux Nice (Naras de Nisa vea)
Traduida de franses par Michel Gaillard

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En esta cuartal1 de la vila, on ia ave stradas streta. Los no ia es stradas per veculos, con pasajes de traversa, semafores, conjestas de trafica e ofisiores de trafica: los ia es stradas per paseores natural, no locas artifis do on veni per visita breve poi parti, los ia es stradas vera per paseores vera ci pasea con pedes, ci es vivente asi, sin veculo, mera con lor gamas: aceles ia vade min rapida, ma, car acel cuartal es peti, lo no ia importa.

Dans ce quartier, il y avait des rues étroites. Ce n’étaient pas des rues à voitures, marquées de passages protégés, plantées de feux rouges, encombrées d’embouteillages et d’agents de la circulation, c’était des rues à piétons, naturels, pas des zones fabriquées où les gens viennent faire un tour et puis s’en vont, des vraies rues de vrais piétons qui marchaient à pied, qui vivaient ici, sans voiture, simplement sur leurs deux jambes. Ils allaient moins vite, mais comme le quartier était petit, ça n’avait pas d’importance.

En acel stradas, juntada a stradetas, protejeda contra la venta de inverno e la caldia de estate, e contra la veculos, a inverno como a estate, on ia ave sempre multe xices, e ance canes, vera multe xices e canes, de cualce edas e cualce altias, grande, peti, corposa, magra. Tota la xices ia es joven, ma no tota la canes.

Dans ces rues, mariées à des ruelles, à l’abri du vent l’hiver et de la chaleur l’été, et des voitures hiver comme été, il y avait toujours beaucoup d’enfants, et des chiens aussi, énormément d’enfants et de chiens, de tous les âges et de toutes les tailles, grands, petits, gros, maigres. Tous les enfants étaient jeunes, mais pas les chiens.

Entre los, on ia ave Dede, la can corposa, orania, mal petenida, de la stradeta, ci es cexante a cada ves cuando on clama el « Roberto! », e la xices ci sabe lo, los ia es clamante « Roberto! » per tiseta el;

Parmi eux il y avait Dédé, le gros chien orange mal peigné de la ruelle qui rouspétait chaque fois qu’on l’appelait Robert et les enfants qui le savaient l’appelaient Robert pour le taquiner ;

on ia ave la can negra peti del polsce, cual sua mestre, un escavor pasada, ia nomi Vengel, lo cual sinifia « carbon » en sua lingua;

il y avait le petit chien noir du Polonais que son maître, un ancien mineur, avait nommé Wenguel, ce qui veut dire « charbon » dans sa langue ;

on ia ave Oscar, la canix de la nivel prima, ci ia salta de sua balcon, a alga dia, vidente ce sua mestresa ariva, e ci, de acel dia, ia prende la nometa « paracador »;

il y avait Oscar, le caniche du premier étage qui avait sauté du balcon un jour en voyant arriver sa maîtresse et qui depuis avait pris le surnom de « parachutiste » ;

on ia ave la « rinosero », un tecel peti con gamas corta, ci sembla un pantofla, grasosa, tota blanca; lo es strana per un tecel, ma el mesma ia es un misca; el ia es nomida Jineta en realia, e el ia es un can fema, ma, per la xices, el ia es la « rinosero »;

il y avait le « rhinocéros », un petit teckel court sur patte qui ressemblait à une pantoufle, gras, tout blanc, c’est bizarre pour un teckel mais lui c’était un mélange, il s’appelait Ginette en réalité et c’était une chienne, mais pour les enfants, c’était le « rhinocéros » ;

on ia ave la « masca antigasal », un can de pastor con pel jala, ci porta sempre un paramorde;

il y avait « le masque à gaz », un chien berger à poil jaune qui portait toujours une muselière ;

on ia ave Babeta, un canix fema nanin, crespa como persil, ci on nomi duxesa, par causa de sua aspeta de prinsesa;

il y avait Babette, une caniche naine, frisée comme du persil, qu’on appelait la duchesse à cause de ses airs de princesse ;

on ia ave Melaina, la can fema del elinica, negra e brilietante, car sua nom sinifia « negra » en elinica; la xices ia transformi lo a « Nana » o « Niania », e el ia es sempre comprendente;

il y avait Melaïna, la chienne du Grec, noire et luisante, car son nom signifie « noire » en grec ; les enfants l’avaient transformé en « Nana » ou « Gnagna » et elle comprenait toujours ;

on ia ave Spoci, ci gusta supra tota la parola « bon dia » — cual, tan frecuente repeteda, ia deveni « boli », sua bon-dia propre —, e ci ia es ximinte a cada ves cuando on pronunsia acel parola, e la xices ia es disente lo a el con plaser, car el no ia pote fa lo par sola se mesma;

il y avait Spocki qui aimait par dessus tout le mot « bonjour » qui, à force d’être répété était devenu « bouillir », son bonjour à lui et qui frétillait chaque fois qu’on prononçait ce mot, et les enfants se faisaient un plaisir de le lui dire parce qu’il ne pouvait pas le faire tout seul ;

on ia ave ance Enri, un can jentil, mais pico loco, ci es abaiante solitar en la strada, ante un mur o un fonte, – ma el ia es bonfortunosa: el ia pote es loco a sua vole, car on no caji la locos cuando los es canes.

il y avait aussi Henri, un gentil chien, gentil mais un peu fou, il aboyait tout seul dans la rue, devant un mur ou une fontaine, mais il avait de la chance, il pouvait être fou tant qu’il voulait, on n’enferme pas les fous quand ils sont chiens.

Esta loca ia es un paradiso per canes. Canes e sin corea, e sin colar; serta, los ia es parteninte a algun, los no ia es abandonada, ma libre, e los ia es reveninte a casa per come e dormi.

C’était vraiment un paradis pour chiens. Des chiens sans laisse, ni collier ; bien sûr ils appartenaient à quelqu’un, ils n’étaient pas abandonnés mais en liberté et rentraient chez eux pour manger et dormir.

∴

An tal, a un matina, en cuando la xices ia es juante a sua lado e la canes a otra lado, paneles ia apare, proclamante:

Or un matin, alors que les enfants jouaient de leur côté et les chiens du leur, apparurent des affiches qui proclamaient : « Les chiens en divagation, sans laisse ni collier, seront emmenés par la fourrière. »

La canes en vaga, sin corea o colar,
va es traeda a la cajeria

La xices ia leje la paneles e demanda a se cua es « canes en vaga »; tota la canes ia es vadente sin corea e colar, ma, an tal, on no ia es cualinte los como « en vaga »?

Les enfants lurent les affiches et se demandèrent ce qu’était « des chiens en divagation », tous les chiens allaient sans laisse ni collier mais ce n’était pas pour autant qu’on les traitait de « divagation » ?

Donce, los ia prende un disionario e ia xerca la parola:

Ils prirent donc un dictionnaire et cherchèrent le mot :

vagor, nom: el ci vaga.

divagateur : celui qui divague.

vaga, nom: ata de vaga.

divagation : action de divaguer.

vaga, verbo: regarda libros e benes en modo osiosa; vade acaso sin intende clar.

divaguer : parler à tort et à travers ; errer au hasard et sans but précis.

Los ia comprende: on vole caji la canes ci es paseante « acaso, sin intende clar »! Ma, alora, on ta debe trae a la cajeria la xices e la persones del cuartal ci, a veses frecuente, ta vade « acaso, sin intende clar ». Longo la xices, esta paneles mesma es vagante e espresa parolas vagante; e los deside aranca la paneles, pensante ce tal la problem es solveda e ce la caso es tratada, poi los reveni a lor juas.

Ils avaient compris : on voulait enfermer les chiens qui se promenaient « au hasard et sans but précis » ! Mais alors, il faudrait mettre en fourrière les enfants et les gens du quartier à qui il arrivait souvent d’aller « au hasard et sans but précis ». Les enfants dirent que ces affiches divaguaient, qu’elles parlaient « à tort et à travers » et décidèrent de les arracher. Pensant le problème résolu et l’affaire réglée, ils retournèrent à leurs jeux.

∴

A la doman, el es ala, vestida con un uniforma gris e un xapeta con borda fronte. El ia parci sur la plaza sua camioneta, do la parola cajeria es scriveda.

Le lendemain il était là : il portait un uniforme gris et une casquette à visière. Il avait garé sur la place sa camionnette où était écrit le mot : « fourrière ».

En la cuartal, on ia es nominte el: la cajican2, per dise « el ci trae la canes a la cajeria ».

Dans le quartier, on l’appelait : le Chapacan, celui qui attrape les chiens.

El ia es munida con un boma longa fininte con un noda liscante, e el ia es portante botas enorme protejente sua gamas asta sua taie e gantos de cuoro negra cual asende asta la codos.

Il était armé d’une longue perche terminée par un nœud coulant, d’énormes bottes protégeaient ses jambes jusqu’à la taille et de grands gants de cuir noir lui montaient jusqu’aux coudes.

El ia es parente enorme, como si el ia come tota la canes cual el prende. En realia, el no ia es comente los, el ia es vendente los.

Il paraissait énorme, à croire qu’il mangeait tous les chiens qu’il prenait. En réalité, il ne les mangeait pas, il les vendait.

La xices ia es saisida par teme, los ia reconose el, e los ia vade a cria: « La cajican! La cajican! » La canes no ia desfida pronto: los ia pensa ce, cisa, un jua nova ia comensa, e los ia es en espeta. La cajican ia es avansante, e, longo la mures, la ombra de la noda liscante ia es rampente. Subita, la ombra ia lansa se asta la tetos. On ia ave un silentia grande, como si lo cual ia vade a aveni ia estende sua momento, poi un cria, unica, ia sorti de tota la bocas: « Spoci! »

Les enfants étaient saisis de terreur, le reconnurent et se mirent à crier : « le chapacan! le chapacan ! » Les chiens ne se méfièrent pas tout de suite, ils pensèrent peut-être qu’un nouveau jeu venait de commencer et ils attendaient. Le Chapacan avançait et le long des murs rampait l’ombre du nœud coulant. Soudain l’ombre s’élança jusque sur les toits. Il y eut un grand silence comme si ce qui allait suivre se faisait de la place, puis un cri, unique, sorti de toutes les bouches : « Spocki! »

El ia es ajitante se a la fini de la boma, atentante futil evade. El ia vade ja prosima al cajican, sin desfida, cisa esperante un « bon dia » de la nova venida…

Il s’agitait au bout de la perche, essayant vainement de s’échapper. Il s’était approché du Chapacan, sans méfiance, peut-être avait-il espéré un « bonjour » du nouveau venu…

Alora la otra canes comprende: la plu rapidas fuji, la plu corajosas atenta morde la om, cual refuja se en la furgon grilida. Un ruido de motor e, a retro de la vapores de gas e de la fuma negra, el ia desapare.

Alors les autres chiens comprirent : les plus rapides fuirent, les plus courageux tentèrent de mordre l’homme qui se réfugia dans le fourgon grillagé. Un bruit de moteur et derrière des vapeurs d’essence et de la fumée noire, il disparut.

On ia ave ancora multe canes, ma un ia es mancante; an Enri, la can loco, no ia es abaiante con apetito; un parte de sua locia ia es prisonida, cajida, con a supra de sua testa un peso de sielo grilida.

Et il y avait encore beaucoup de chiens, mais il en manquait un ; même Henri, le chien fou, n’aboyait plus avec appétit ; une partie de sa folie était prisonnière, enfermée dans une cage, avec sur la tête un morceau de ciel grillagé.

∴

A esta dia mesma, la xices vade a la cajeria per recompra Spoci. Los ia recolie ja tota lor reserva de mone e, con un monton de 26 frances e 45 sentimes, los ariva ante la caje do el es detenida. A el, los dona zucar, los dise «boli», ma Spoci lasa la zucar e no ximi. Los proposa la monton a la cajican, ci esplode con rie e dise a los:

Le jour même les enfants allèrent à la fourrière pour racheter Spocki. Ils avaient rassemblé toutes leurs économies et à la tête d’un capital de 26 frs 45 cts ils arrivèrent devant la cage où il était retenu. Ils lui donnèrent du sucre, lui dirent « bouillir », mais Spocki avait délaissé le sucre et n’avait pas frétillé. Ils proposèrent la somme au Chapacan qui éclata de rire et leur dit :

« Vos nesesa paia dusento frances, si no, me vende lo… », e el ajunta: « … a la dotores! »

« Il me faut 200 Frs sinon dans une semaine, je le vends » et il ajouta : « aux docteurs ! »

Un tremeta de teme flue en la grupo intera: « La dotores ! »

Un frisson de terreur parcourut tout le groupe : « les docteurs ! »

La xices vade a imajina la cosas la plu angusante e asustante, e cadun repete, en la pasea de reveni: « La dotores ! »

Les enfants laissèrent aller leur imagination aux pires angoisses et tous répétaient, sur le chemin du retour : « les docteurs ! »

On debe freta. Los deside vade al mercato per aida la cultivores e la vendores de vejetales, traente e ordinante lor caxones. A cada dia, multe temprana, los desende a la mercato e, al fini de un semana, los teni la mone. Los reveni a la cajeria e mostra tota lor monton de mone a la cajican. Ma, con un surie cual sembla plu un grima, el dise a los:

Il fallait faire vite. Ils décidèrent d’aller au marché pour aider les paysans et les « légumiers » à ranger leur cagettes. Tous les jours, très tôt ils descendaient au marché et au bout d’une semaine, ils avaient la somme. Ils retournèrent à la fourrière et montrèrent toute leur fortune au Chapacan. Mais celui-ci, avec un sourire qui ressemblait plus à une grimace, leur dit :

« Vos era, cuatrosento frances es nesesada. Vos ia tardi tro. Ta ce vos es plu rapida a la ves prosima. Si no… la dotores! »

« Vous vous trompez, c’est 400 Frs qu’il me faut. Le délai a été dépassé. Soyez plus rapides la prochaine fois. Sinon… les docteurs ! »

Los revade, donce, a labora al mercato tra un semana, traente caxones e, cuando los ia fini, en loca de dejeta la vejetales bon per dejeta, los trae los con se en sacos grande.

Ils retournèrent donc au marché pendant une semaine, transportant des cagettes et lorsqu’ils avaient fini, au lieu de jeter les légumes bons à jeter, ils les emportaient avec eux dans de gros sacs.

Con la mone recolieda, los vade denova a la cajican. A esta ves, el no pote plu inventa alga otra menti. El prende la mone, conta lo e libri Spoci en media de crias de joia e de susede. Multe pronto, Spoci devora un desuple de pesos de zucar, e, su la avalanxa de boli e bon dia, el ximi como nunca un can ia ximi ja.

L’argent recueilli, ils allèrent de nouveau voir le Chapacan. Cette fois, il ne put trouver d’autre mensonge. Il prit donc l’argent, le compta et libéra Spocki au milieu de cris de joie et de victoire. En un instant, Spocki dévora une dizaine de sucres et sous l’avalanche des « bouillir » et des « bonjour » il frétilla comme jamais un chien n’a frétillé.

La cajican regarda los con la mesma surie cual sembla un sicatris e dise a los, clacente sua flajelo con noda liscante: « Asta pronto! »

Le Chapacan les regardait avec le même sourire qui ressemblait à une cicatrice, et leur dit, en faisant claquer son fouet à nœud coulant : « À bientôt ! »

Poi los reveni a casa.

Puis ils rentrèrent.

∴

A la doman, la furgon es parcinte sur la plaza: la cajican es presente denova. Ma la stradas, abitual plen de xices e de canes vagante, es vacua.

Le lendemain, le fourgon était stationné sur la place : le Chapacan était là de nouveau. Mais les rues, d’habitude pleines d’enfants et de chiens divagateurs, étaient vides.

La cajican comensa percore la cuartal. Al angulo de un stradeta, el persepi un can sin corea e colar; el ajusta sua boma; la strada es fininte como un impas streta contra un construida. La catura vade a es fasil, e la cajican surie sua malsurie. El reconose la can: lo es Spoci. E Spoci, ancora, es nonmovente; sentante sur sua posterior, el es cuieta espetante, a veses regardetante la fenetras abrida supra la strada. La cajican es ancora avansante, lenta, a sua preda. Tota es calma, tro calma; la om ole un odor strana, un odor de vejetales, en cuando el es avansante, prosiminte. Du plu metres… el comensa leva sua boma… cuando, subita, la xices cria un cria grande: alora la fenetras abri simultan, e sur la cajican un cascade de frutos e vejetales es versada. Algunes dejeta sacos grande de carton plen plenida, algunes lansa voleas de tomatas matur esplodente con manxetas jusosa sur la fas nonreconosable de la cajican; melonjenas, peperones roja e verde, caxofas de asi e caxofas de otra locas, pescas, peras, zucas, melones, pastecas3, poros, coles, totas malida, gastada, mol e putrida, es cascadente sur la cajican, como si la natur intera flue en deluvia de la fenetras, e ojeti el. Tra des minutos, el reseta un semana de vejetales e frutas apestante.

Le Chapacan commença à parcourir le quartier. Au détour d’une ruelle il aperçut un chien, sans laisse ni collier ; il ajusta sa perche ; la rue finissait en impasse étroite contre un immeuble. La capture allait être facile et le Chapacan eut son sourire méchant. Il reconnut le chien : c’était Spocki. Lui ne bougeait toujours pas ; assis sur son derrière, il attendait tranquillement, jetant de temps en temps un coup d’œil aux fenêtres qui ouvraient sur la rue. Le Chapacan avançait toujours, lentement, vers sa capture. Tout était très calme, trop calme ; l’homme sentit une odeur curieuse, une odeur de légumes pendant qu’il s’approchait. Encore deux mètres, il commençait à lever sa perche, quand soudain les enfants poussèrent un grand cri : alors les fenêtres s’ouvrirent d’un coup et ils surgirent en déversant sur le Chapacan une cascade de fruits et de légumes. Certains jetaient de gros cartons remplis à ras bord, d’autres lançaient à toute volée des tomates mûres qui explosaient en gerbes juteuses sur le visage défiguré du Chapacan, aubergines, poivrons, rouges et verts, artichauts du pays et d’ailleurs, pêches, poires, courges, melons, pastèques, poireaux, choux, tous avariés, gâtés, mous et pourris, se ruaient sur le Chapacan, comme si la nature entière sortait en crue des fenêtres et le prenait pour cible. Ils reçut en dix minutes une semaine de légumes et de fruits puants.

Poi, cuando la nara ia es conoseda, la vendores del mercato ia comprende perce, cuando los dise « vejetales bon per dejeta », la xices es riente.

Et, lorsque l’histoire fut connue, les paysans du marché comprirent pourquoi en disant « des légumes bons à jeter », les enfants riaient.

∴

Tal la cajican ia es fujida par la vejetales e frutas de la cuartal cual ia embosce el ja.

Et c’est ainsi que le Chapacan fut mis en fuite par les légumes et les fruits du quartier qui lui avaient tendu une embuscade.

De acel dia, on no ia revide el. On nara ce el ia parti per xasi la leon en Africa. Lo es multe min perilosa…

Depuis, on ne l’a plus jamais revu. On raconte qu’il est parti chasser le lion en Afrique. C’est beaucoup moins dangereux…

1 La cuartal vea de Nisa, vielha vila en nisarda, ance nomida « Babazouk », pronunsiada /babazuc/.

2 En la lingua nisarda, chapacan (pronunsiada: /txapacɑ̃/), per dise « el ci prende la canes ».

3 Un parola rejional per dise « melon de acua ».