jacquesdehe | Re: [LFN] Insuffisance
Cher François,
Merci d'avoir répondu excellemment en Français.
Mais quand j'ai écrit à propos du niveau de l'esperanto,
de l'ido et d'interlingua, ce n'est absolument pas
à propos de leur niveau de précision,
mais plutôt au niveau d'imperfection relative
au manque de naturel et de la surabondance
de consonnes des uns, à l'orthographe complexe
de la variante majoritaire de l'autre,
entre autres défauts.
Leur vocabulaire est excessivement riche au contraire
et la grammaire de l'esperanto et de l'ido
sont 'diaboliquement' précises par le jeu des participes
plus précis que dans nos langues vivantes les plus diffusées.
Amicalement,
Jacques
*
--- In LinguaFrancaNova@yahoogroups.com, Francois Schwicker
<bubi4919@y...> wrote:
> Pas du tout d'accord avec vous ! Je ne sais rien de l'Ido, mais le
problème de l'Esperanto, c'est justement son excès de
précision qui
rend son emploi difficile (déjà Meillet disait ça dans les
années 20
du siècle dernier, me semble-t-il). Quant à Interlingua, c'est
une
langue optiquement très belle, mais on y retrouve les mêmes
difficultés que celles qui existent dans les autres langues néo-
romanes, même si c'est à un niveau moindre. L'objectif de ces
deux
langues est de rendre toutes les possibilités d'expression, et
même
plus, que les langues naturelles.
>
> Là où j'avais vu un créneau pour LFN, c'était juste
à l'inverse de
cet objectif. Je pense qu'il y a de l'avenir pour une langue qui
dirait : "En 24 heures, vous êtes opérationnel !". Mais il
faudrait
dans ce cas-là rester dans une vraie philosophie de "lingua
franca" : un premier niveau avec un maximum de 300 mots et un
deuxième niveau qui ne devrait en aucun cas excéder mille mots.
Pour
avoir entendu en Allemagne des ouvriers polonais discuter avec des
ouvriers turcs, je peux vous affirmer que le "Baustellendeutsch"
("l'allemand de chantier") est une langue qui permet très bien de
s'exprimer et d'être compris avec un vocabulaire minimal. Une
autre
langue minimaliste, le Toki Pona, qui poursuit de tout autres
objectifs, connaît un engouement certain alors que son lexique est
intentionnellement figé à ... 118 mots !
>
> Imaginez un instant : un chantier de jeunesse, par exemple, avec
des gens de plein de nationalités différentes, dans un pays
où l'on
parle une langue improbable, genre hongrois ou kartvélien. Les
organisateurs enverraient un dépliant de 4 pages A4 à tous les
participants, avec un mot disant : voici la langue officielle de
notre chantier. Prière de l'apprendre avant de venir, cela ne vous
prendra que quelques heures. Cette langue serait bien sûr, la LFN !
>
> Ou alors, rêvons encore un peu : quelque part, il y a une
fête.
Les gens dansent tous, et vous devez vous aussi vous mêler à la
ronde. Tout-à-coup, vous tenez dans vos bras celle dont vous avez
toujours rêvé ! Malheureusement, il apparaît bien vite que
vous
n'avez aucune langue commune. Vous comprenez quand même qu'elle
est,
par exemple, Kazakh et ne parle comme langue étrangère que le
russe
ou le turc. Alors vous lui offrez la méthode en 4 pages A4 pour
apprendre la LFN à partir du russe ou du turc. Et, 24 heures plus
tard, vous vous faites l'un à l'autre les aveux les plus doux sans
craindre de malentendu fâcheux et sans recourir au truchement
indiscret d'un interprète !
>
> C'est pas beau, ça ? C'est à mon avis facilement faisable :
1)
définir les 300 notions de base et le vocabulaire maximal de 1000
mots ; 2) fixer le vocabulaire ; 3) rédiger la méthode et le
lexique
en un maximum de 4 pages A4 ; 4) éditer cette méthode en un
maximum
de langues différentes ; 5) diffuser la méthode de manière
ciblée en
répétant sans cesse :
>
> "LFN, la langue que vous apprendrez en 24
heures !" François
>
> jacquesdehe <jacquesdehe@y...> wrote:
> L'humanité n'est pas prête à adopter une langue
planifiée.
>
> Les langues planifiées ne sont pas prêtes non plus.
>
> Malgré un travail immense
>
> (accompli souvent dans de mauvaises directions)
>
> l'esperanto, l'ido et interlingua
>
> restent loin du niveau minimum requis.
>
> Amicalement,
>
> Jacques